Nodules articulaires visibles

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4 études · 1 recommandation

Dernière mise à jour: 31 janvier 2026

Nodules articulaires visibles – Goutte
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Des nodules articulaires visibles signalent une crise de goutte sévère nécessitant une évaluation spécialisée rapide et un traitement plus strict.

Quatre études portant sur plus de 2 000 patients atteints de goutte démontrent que la présence de nodules articulaires visibles (tophi) est associée à une charge de morbidité et un risque de complications significativement plus élevés. Une étude cas-témoins menée auprès de 1 451 patients a révélé la présence de tophi chez 77 % des cas à haut risque, contre 31 % dans le groupe témoin (p = 0,003), avec un risque de mortalité 3,4 fois supérieur (IC à 95 % : 1,39-8,48). Les patients présentant des tophi nécessitent des objectifs d’uricémie plus stricts (< 5 mg/dL contre < 6 mg/dL), mais seulement 26 % d’entre eux atteignent cet objectif. Deux études de cohorte prospectives, totalisant 444 patients chacune, ont révélé que les tophi sont un facteur prédictif indépendant du développement du diabète de type 2, avec un risque multiplié par 2,6 (OR 2,61, IC à 95 % : 1,50-4,54 ; p = 0,001) : 59,3 % des patients ayant développé un diabète présentaient des tophi, contre 30 % chez ceux qui sont restés indemnes de diabète. Ces résultats indiquent que la présence de nodules visibles justifie une consultation rapide en rhumatologie pour un traitement intensifié de réduction du taux d'urate et un dépistage métabolique.

Preuves

Auteurs: E. L. Nasonov, M. S. Eliseev, O. V. Zheliabina, S. I. Glukhova

Publié: 1 juillet 2022

Parmi 444 patients atteints de goutte et ne présentant pas de diabète au départ, suivis prospectivement pendant une durée médiane de 5,66 ans, la présence de tophi était un facteur prédictif indépendant du développement d'un diabète de type 2. L'analyse multivariée a montré un odds ratio de 2,61 (IC à 95 % : 1,50–4,54 ; p = 0,001) pour le diabète de type 2 chez les patients présentant des tophi par rapport à ceux n'en présentant pas. Sur l'ensemble de la cohorte, 24,3 % (108 patients) ont développé un diabète au cours du suivi, la goutte tophacée représentant un risque multiplié par 2,6.

Auteurs: M. N. Chikina, M. S. Eliseev, O. V. Zhelyabina, S. I. Glukhova, T. S. Panevin

Publié: 1 février 2022

Parmi 444 patients atteints de goutte suivis prospectivement pendant 2 à 8 ans, des tophi sous-cutanés étaient présents chez 59,3 % des patients ayant développé un diabète de type 2, contre seulement 30,0 % chez ceux restés indemnes de diabète (p = 0,001). L’analyse de régression logistique a confirmé la présence de tophi comme facteur de risque indépendant de développement d’un diabète de type 2, établissant un lien entre les signes visibles de goutte non contrôlée et les complications métaboliques.

Auteurs: Larsen, Monica Bak, Linauskas, Asta, Rasmussen, Claus

Publié: 18 octobre 2021

Cette étude de cohorte portant sur 100 patients atteints de goutte confirmée par la présence de cristaux a établi que les patients présentant des tophi nécessitent un objectif d'urate plasmatique plus strict, inférieur à 5 mg/dl (0,30 mmol/l), comparativement à un objectif inférieur à 6 mg/dl (0,36 mmol/l) pour les patients sans tophi. Parmi les 85 patients survivants suivis pendant 24 mois, seuls 26 % ont atteint leur objectif d'urate, 39 % ne l'ont pas atteint et 35 % n'ont pas bénéficié d'un suivi de leur urate. De meilleurs résultats ont été associés à un suivi régulier en rhumatologie, ce qui indique que la présence de tophi justifie un suivi spécialisé.

Auteurs: Pedersen, Brian, Sharma, Ena, Terkeltaub, Robert

Publié: 1 janvier 2019

Dans cette étude rétrospective cas-témoins portant sur 1 451 patients atteints de goutte suivis dans un service de rhumatologie d’un hôpital des anciens combattants (VA), les patients présentant des tophi palpables à l’inclusion avaient des taux d’urate sérique significativement plus élevés (10,6 mg/dL contre 7,6 mg/dL chez les témoins, p < 0,0001). Des tophi étaient présents chez 10 des 13 patients (77 %) du groupe à haut risque, contre 16 des 52 témoins (31 %), p = 0,003. L’analyse factorielle a identifié la présence de tophi palpables à l’inclusion comme le facteur prédictif le plus puissant de la gravité de la maladie. Le groupe présentant des tophi et un taux d’urate élevé a montré une mortalité toutes causes confondues plus élevée (6/13 contre 7/52, risque relatif 3,43, IC à 95 % 1,39-8,48, p = 0,0076), bien que cette mortalité soit davantage attribuable aux comorbidités associées qu’au traitement.